• Vosges, 29 décembre 2012.

    Cher Père Noël,

    Je voulais te remercier pour tous les cadeaux que tu m'as offerts cette année. Je sais bien que cela est inutile car, au vu de tout ce que j'ai accompli ces derniers mois dans l'unique but d'aider mon prochain, je méritais amplement ces cadeaux mais, que veux-tu, je suis comme ça, moi : reconnaissant.

    Je dois dire que tout ce que j'ai reçu m'a fait plaisir. Même les trois calendriers avec des chatons, même la poupée Kokeshi rose, même le livre des blagues Carambar. Je comprends que tu deviennes un peu vieux, c'est difficile de devoir donner le bon cadeau à la bonne personne (je me contenterai de quelques billets de 50€ la prochaine fois). Allons, après tout, c'est ça, l'esprit de Noël ! Aussi je ne te parlerai pas de ma déception de ne pas avoir trouvé sous mon sapin le Nissan Qashqai que j'avais commandé, mais plutôt de ma joie à l'ouverture de mon supra-génial robot-super-héros. Quelle ne fût pas ma surprise ! Après le précédent désappointement, j'ai été ravi de découvrir qu'au moins l'un de mes voeux avait été exaucé. Il est tellement trop génial ! Je ne sais pas encore comment l'appeler, mais ce qui est sûr, c'est que j'ai passé la semaine à m'amuser avec. Il ne possède certes qu'une seule arme, mais après tout, c'est comme une Barbie avec une seule paire de chaussures : ça suffit amplement. Et puis, il me plait bien comme ça ; on a un point en commun : nous sommes des super-héros, mais nous n'avons pas découvert nos super-pouvoirs.

    Admirez mon sens de la mise en scène...S'il restait des sceptiques quant à la véracité de cet objet, vous allez être obligés de me croire.

    Bref, je te remercie. Je voulais aussi te dire que j'ai suivi ton long périple sur Google, ç'a dû être éreintant ! Tes rennes n'ont pas chômé, et sont arrivés à l'heure. Bravo ! J'espère que tu es encore en forme, parce que j'ai entendu dire que les lutins se sont syndicalisés pendant ton absence, tu vas avoir du boulot en plus. Et bonne nouvelle année (si tu tiens encore debout) !

     

    A Noël prochain !

    Vincent, aka Wunderman.


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  • Vendredi 21 décembre 2012,

     

    Alors que le jour le plus court de l’année lèvera dans quelques heures ses pénibles rayons sur nos têtes infortunées, de bien tristes nouvelles accompagnent les ombres de décembre. Le vent souffle de plus en plus fort, déracinant les plus robustes hêtres et déchirant les plus souples de roseaux. Au loin, des éclats de lumières éclaboussent le ciel de lugubres symboles, tandis que le tonnerre se répercute sans cesse sur toute paroi comme un sourire dans le cœur d’un amant. Que le temps a passé depuis que je vous ai rencontrés, amis lecteurs, et combien de temps depuis la naissance du monde ? Il me semble que ces deux durées sont égales dans mon âme. Le noir est encore là, reverrai-je jamais la lumière du jour ? Le bus qui m’emmènera bientôt vers l’école est-il le même que celui qui m’emmènera vers la fin de ma vie ? Pourrai-je encore tâter de l’encre et de l’amour, des équations différentielles et d’un avenir romanesque ?

    Les questions se bousculent dans ma tête dans un tourbillon de folie, et je ne me reconnais plus que dans l’âme d’un pauvre hère, passant sur la Terre, une Terre qui m’a vu naître mais ne me verra probablement jamais mourir. Abattu, terrorisé, bien loin de Bucharac et de tout espoir, la vie m’offrira-t-elle une autre chance ? L’humanité à laquelle j’appartiens ne mérite-t-elle pas de voir se lever d’autres jours, d’autres nuits ?

    Le futur sombre sous un fléau inconnu, et je ne sais comment l’appréhender. Sera-ce comme la réalité, un rêve, ou simplement le néant ? Devant le caractère incertain de cet avenir, je ne peux que me retourner sur mes dix-sept dernières années. Voici donc la liste des vingt-et-une choses que je ne pourrai, à mon grand malheur, jamais réaliser.

     

    1 – Découvrir mes superpouvoirs.
    2 – Passer mon permis.
    3 – Quitter les Vosges.
    4 – Être reconnu pour mes qualités humaines et littéraires.
    5 – Avoir des commentaires sur mon blog.
    6 – Obtenir mon diplôme de super-héros.
    7 – Ne plus dépendre de mes parents.
    8 – Signer des autographes sur les soutiens-gorge de mes groupies.
    9 – Comprendre l’intérêt du Leet speak.
    10 – Regarder l’intégrale de Twilight.
    11 – Être assigné en justice (pourtant fait commun dans les Vosges).
    12 – Manger des feuilles d’ortie trempées dans du Nutella.
    13 – Etudier la tête de mon coiffeur si je lui demande de me faire la nouvelle coupe de Rihanna.
    14 – Porter un de ces énormes gants en forme de main à une rencontre sportive.
    15 – Faire de la tyrolienne sans finir castré pour les trois semaines suivantes.
    16 – Être humble.
    17 – Obtenir de mon éditeur une augmentation sur la vente de mes célèbres essais sociaux.
    18 – Commander un porte-plume sur le Bon Coin.
    19 – Epeler un mot de plus de trois lettres correctement.
    20 – Découvrir pourquoi quelque journaliste de Première s’obstine à rédiger des VDM People.
    21 – Sauver le monde sa fin.

     

    Malgré tout ce désespoir, je tiens à terminer cet article sur une touche positive : dès après-demain, toutes les blagues vaseuses sur la fin du monde seront terminées ! Si c’est pas beau ?

     

    Enfin, j’achèverai sur cette perspicace citation dénichée dans un article de magazine sans aucun rapport avec le sujet dont nous parlons :

    Ne croyez jamais en l'apocalypse. En général, l'histoire vous donnera raison, et quand vous aurez tort, plus personne ne sera là pour affirmer : "Je vous l'avais bien dit !".

     

    A plus tard !

     


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  • Mercredi 19 Décembre 2012,

     

    Quoi ? Tant de semaines déjà passées à vous languir de ma personne, jeunes demoiselles ? Il fallait bien ça à votre humble serviteur pour secourir, en diapason avec son âme juste et charitable, à la fois le monde et son bulletin de premier trimestre (je vous laisse deviner laquelle de ces quêtes a eu le plus de succès). D’ailleurs, bien qu’étant disposé, à la faveur de la période enchanteresse de Noël, à offrir à vos jolis minois le récit de mes fantasques aventures, je me vois dans l’obligation de faire momentanément l’impasse sur ce qui restera aux yeux du monde le plus héroïque sauvetage du XXIe siècle (si seulement ces mécréants de journalistes avaient bien voulu en parler !).

    En effet, je me dois aujourd’hui de prévenir la corporation des producteurs de cinéma de l’importance croissante d’un engouement nouveau des jeunes adolescent(e)s pour un phénomène particulier. Car oui, à peine quelques jours après la sortie du dernier Twilight, il faudra bien se l’avouer : exit, vampires, loups-garous, sorciers, dragons et compagnie ! Alors que les producteurs rivalisent d’idées novatrices pour remplacer nos suceurs de sangs ou agitateurs de bâtons préférés, en tablant sur des films de zombies, de chasseurs de sorcières ou de géants, ou encore apocalyptiques, ces aimables destructeurs de cervelle ne remarquent pas la montée en puissance de ce qu’on appellera ici le phénomène poneys (qu’on apparentera également aux licornes, histoire de mêler un peu de merveilleux à tout ça).

    Le phénomène poneys (je le répète pour que ça s’ancre bien dans votre mémoire).

    Je sais qu’au premier abord, ça peut vous paraître un peu fou. Cependant, réfléchissez bien : Hello Kitty, Pucca, Monster High, Justin Bieber, les cookies, les mangas… Toutes ces choses à la mode, quoi ! Eh bien vous voyez le rapport ? C’est « kawaï » (ce mot me donne un frisson d’angoisse rien qu’à l’écrire).

     

     

    Poneeeeeeeeeeys Powaaaa !Ooooh trop mimi *o* Regardez ces yeux de, heu… plastique !

     

    Pour preuve, et à tout hasard, aller sur Deviantart et regarder les groupes. Je… ce lien se suffit à lui-même, pas vrai ? Je compte… Première page : un groupe « Ponies for everypony » avec la mention « super » ; pareil pour les pages 2 et 3. Tapez « pony » dans la barre de recherche, et c’est 206 pages de groupes qui apparaissent (après vérification, seules les 100 premières pages sont effectives, mais ça nous donne quand même plus de 1000 groupes en rapport avec les poneys, avouez que c’est géant !). Je sais que ces chiffres ne signifient rien pour certains d’entre vous, mais pour vous donner un nombre approximatif, multipliez ce nombre par 100 et imaginez qu’il s’agit du nombre de groupes Facebook sur les poneys. Si ça ne vous dit toujours rien, alors c’est que vous êtes tombés sur ce blog d’une manière surprenante, et de toute manière je ne peux rien pour vous (ou alors, vous pouvez encore vous représenter une manifestation de 1000 éleveurs ayant chacun amené 20 poneys sur le Champ de Mars à Paris, et ça vous donne une idée des personnes impliquées dans ce phénomène sur le site sus-indiqué).

    D’ailleurs, je me suis quelque peu documenté sur le sujet, et j’ai trouvé des tonnes d’infos intéressantes que malheureusement, je n’ai pas très envie de vous faire partager tant l’argot scientifique utilisé est pointu (comprenez : j’ai encore oublié mon dictionnaire français/kév1). Cependant, vous pouvez toujours retrouver ces informations dans mon fameux essai « Qui veut gagner des Poneys ? ».

     

    Bien. Je viens de me rappeler le sujet de cet article : « A la rescousse des producteurs de cinéma ». En bon sauveur de l’humanité, je vais donc passer sur les détails techniques de l’ethnie des poneys (détails dont tout le monde se fout bien, soit dit en passant) pour me concentrer sur ce qui mérite bien plus d’attention, c’est-à-dire des idées de scénarios pour aider le monde du cinéma. Car oui, chers producteurs, il me semble que vous ayez bien besoin d’un petit coup de pouce. C’est ainsi que, après avoir étudié le scénario des blockbusters américains et autres films à succès, j’ai pu rédiger un algorithme capable de créer un résumé de scénario contenant des poneys. J’ai donc décidé de vous en présenter quelques uns (bien sûr, mes idées sont sous droit d’auteur !).

     


     

    Scénario n°1 :

    Après la mort de sa propriétaire et de son mari, Chiquenaudon de la Tournoyère du Beau Pré vit malheureux chez la sœur de celle-ci, en compagnie de sa famille qui ne fait que tourmenter le pauvre poney. Quelques jours après son troisième anniversaire, Chiquenaudon de la Tournoyère reçoit une mystérieuse enveloppe contenant sa convocation pour sa première rentrée à l’école de dressage magique de Foinrocher. Malgré les efforts de ses propriétaires pour le retenir parmi eux, le centaure Barbacus, qui deviendra bientôt l’un des plus proches compagnons de Chiquaudon de la Tournoyère , emmène le jeune poney vers son destin et l’introduit dans le monde merveilleux de la magie. Ainsi, Chiquaudon de la Tournoyère découvre que, bien plus qu’un simple équidé, il est en réalité une licorne capable de jeter des sorts à l’aide de sa crinière magique. Débute alors une grande aventure pour lui et ses deux amis, Roger-Micmac du Biais et Isabelle l’Enflammée Bingo, durant laquelle ils devront affronter les forces du Mal. En effet, Chiquaudon de la Tournoyère est l’Elu, le seul qui ait jamais survécu à une attaque de Foucard Billy, la vilaine licorne qui a tué ses précédents propriétaires ainsi que sa sœur jumelle peu après leur naissance. Apprenant à contrôler ses pouvoirs, Chiquaudon de la Tournoyère va donc devoir travailler dur afin de vaincre son ennemi vital, qui cherche à tout pris la mort de la seule licorne capable de l’anéantir.

     

    Scénario n°2 :

    Dans la Rome antique, Nillirinia est une jeune ponette d’origine thrace et esclave du tout-puissant dresseur Caïus, célèbre organisateur de jeux du cirque. Forcée de transporter le matériel des gladiateurs, elle accepte toutes ses railleries et ses coups jusqu’au jour où son compagnon et son fils sont tués dans l’arène lors d’une course hippique. Anéantie, elle sombre peu à peu dans le désespoir et s’apprête à se laisser dépérir quand, un an plus tard, un vieux cheval sur le point de mourir lui avoue qu’il s’agissait d’un coup monté de Caïus et qu’il en a été, bien malgré lui, l’exécuteur. Cette révélation s’achève sur le dernier souffle du vieux cheval. Nillirinia se jure alors de venger sa famille et de prouver à tout l’Empire qu’une seule ponette peut renverser des montagnes.

     

    Scénario n°3 :

    Bertrand est un simple poney, rédacteur au journal Poneynews et amoureux de sa collègue Suzie-Bentô. Pourtant, son histoire n’est pas banale : abandonné à la naissance dans une soucoupe volante, Bertrand est en réalité une licorne extraterrestre qui agit pour le bien de l’humanité sous l’identité de Wunderponey. Mais un jour, son ennemi juré, DarkLicorne, lui aussi venu d’une autre planète, se met en tête de détruire sa réputation de super héros et fait croire au monde qui l’admire que Wunderponey est en vérité un odieux équidé qui a kidnappé la belle Suzie-Bentô. Alors, pour Bertrand, le temps est compté…

     


     

    Voilà ! J'espère que ça vous a plu ! Si ça intéresse un lecteur dont le métier est de produire des films, qu'il n'hésite pas à me contacter, j'ai tout plein d'idées ! J'ai d'ailleurs été ravi de vous faire partager cette merveilleuse passion que sont les poneys et les licornes, j'espère que vous l'adopterez !

    Je vous souhaite de joyeuses fêtes de Noël !


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  • Vendredi 2 novembre 2012,

     

    Cette semaine, toujours pas de petits chats à sauver (Youtube doit pourtant en regorger, mais je n'avais pas le courage d'y aller). Alors, je m'attarde sur une information certes assez peu récente, mais importante à mes yeux.

    L'entrée de "LOL" au Petit Robert.


     

    « Cher Robert,

    Je te prierai de ne plus te foutre de notre gueule, une expression que, j'espère bien, tu as intégré dans tes belles pages en papier recyclé. En plus d'éditer ton dictionnaire de l'année 2013 alors que nous n'avons pas encore fêté la venue de l'été 2012, tu as un comportement éhonté. LOL n'est en effet pas un mot, pas plus que Cindy Sander n'est une chanteuse.

    A l'avenir, je te demanderai donc de faire preuve de plus de maturité, et de devenir enfin un "grand" dictionnaire.

    Cordialement,

    W., francophone et pro-Larousse.

    PS : Mes excuses aux amoureux des papillons. »

     


    Désolé pour tous ceux qui étaient encore bernés d'illusions. Car oui, "LOL" est bien entré dans le dictionnaire. D'ailleurs, il sera bientôt suivi de "kikoo", "kévin" ou encore "/brique/".

    Et pour vous détruire encore plus, j'insiste sur le fait qu'il ne s'agit PAS ici de la dernière édition du Dico des mots, mais bien de celle du Petit Robert. Paix aux âmes de Richelieu et Valentin Conrart, pères fondateurs de l'Académie française.

    Fort heureusement pour nos fragiles cerveaux, il existe encore des dictionnaires à peu près purs, comme le grand Larousse (n'y voyez là aucune mention à une quelconque opinion politique) qui n'a pas succombé à cette infamie de langage (bien que l'opprobre éternelle se soit tout de même jetée sur lui pour avoir ajouté des verbes comme "tweeter" ou modifié la définition de "ami" et "mur" en faveur des réseaux sociaux).

    Robert, la revanche d'un diable. Satan a enfin sa propre bible.

    A cette occasion, je remercie également l'Académie française pour sa lenteur de réflexion (même si je regrette de ne pouvoir sauver ses membres à la lumière de leur âge). En effet, étant arrivés à la lettre R en 22 ans, il y a fort à parier que l'honteux acronyme aura disparu de notre vocabulaire quand nos anciens retourneront à la lettre L (par sûr pour "tweet", mais je m'en remets à leur sagesse passéiste). Ou alors, il y a quelques chances pour que je sois déjà mort depuis un petit bout de temps (de manière héroïque, je l'espère).


    La nuit est claire. Du haut de sa sinistre bâtisse de l'avenue Coubertin, le vent caressant ses rares cheveux strictement rabattus sur le sommet de son crâne, le directeur savourait un cherry en même temps que sa victoire sur le monde et l'esprit humain.

    « Lol. » pensa-t-il, un sourire vicieux fixé sur ses lèvres serrées.

    De son élégant balcon forgé d'arabesques et de feuillages dorés, il pouvait voir, à travers les multiples fenêtres qui donnaient sur la rue, des ménages, isolés ou en famille, dont l'éclairage tamisé laissait deviner les activités. Télévision, ordinateur, téléphone... Pas un seul Scrabble à l'horizon, aucun vieillard penché sur son mot croisé, et pourtant, la réussite lui ouvrait les bras. Bientôt, il dominerait les Français : il leur imposerait leur vocabulaire, ferait et défairait leur célébrité en proposant au plus offrant son nom dans la partie Noms Propres.

    Alors qu'il écoutait le ronronnement des voitures en contrebas, un brouhaha étouffé se distingua dans le couloir. Etonné de la présence tardive d'employés dans le bâtiment, il posa son verre de cherry pour déterminer qui pouvait encore traîner à cette heure-ci. Soudain, trois coups contre la porte lui indiquèrent l'identité des visiteurs.

    « Monsieur le directeur ? C'est Matthieu Damon, de la DGSE. Ouvrez immédiatement ! »

    Le directeur balaya la pièce du regard, à la rechercher d'un tisonnier pour se défendre, mais il n'y avait pas de cheminée dans son bureau. Qu'importe, il allait devoir s'enfuir.

    En tachant de faire le moins de bruit possible, il enjamba le parapet et se laissa glisser tant bien que mal le long des barreau. Il avait certes perdu la souplesse de sa jeunesse, mais ce petit détail ne devait pas l'empêcher de gouverner le monde. Au moment où l'effroyable monsieur Damon défonça la porte (pourtant pas fermée à clef, mais que voulez-vous), le directeur atteignit la balustrade du balcon d'en-dessous. Il se tint une seconde en équilibre sur celle-ci, puis sauta sur le sol. Tandis que les agents affolés le cherchaient dans son bureau, il s'enfuit en courant du siège de sa maison d'édition.

    « Il est dans la rue, il s'échappe ! »

    Matthieu Damon baragouina quelque chose qui ressemblait fort à une insulte à l'encontre de ses subordonnés, avant de se lancer à la poursuite du traître. Mais déjà, celui-ci mettait en route le moteur de sa Lamborghini Aventador DCI 600CV 60L/100Km et effectuait un démarrage à 60km/h en moins de 3 secondes.

    « Même nos Méganes coupées ne seront pas assez puissante pour le rattraper, nous devons lui tendre un piège ! »

    Au même moment, au bout de l'avenue apparaissait un mystérieux personnage vêtu d'un costume à la fois élégant et intimidant ; le textile moulant laissait deviner une beauté parfaite et un corps athlétique. Plissant ses yeux d'une manière suave, deux rayons laser bleus jaillirent de ses iris qui crevèrent le pneu de l'automobile luxueuse. Cependant, elle continua sa course effrénée en direction d'une jeune femme qui traversait la route avec une poussette, alors même que le conducteur avait perdu le contrôle de son véhicule. N'écoutant que son courage, le jeune homme intrigant se jeta au devant de la voiture folle afin de protéger la veuve et l'orphelin. A l'aide de sa musculature impressionnante, il réussit de justesse à stopper la Lamborghini. Dans un même mouvement, il adressa un sourire amical à la jeune mère sauvée puis sortit violemment le directeur de sa voiture. Il le ligota à un lampadaire et disparut presque aussitôt.

    Quand l'agent Damen arriva sur les lieux, il fut très surpris de trouver le fugitif ainsi capturé. Sur son front, un post-it indiquait :

    « Cadeau de Noël en avance. L'humble W. »

    ***

    Depuis la haute tour de verre qui s'élève au centre de Paris, un homme contemplait le ciel en se demandant si la température extérieure correspondait bien à celle indiquée par sa collègue plus tôt dans la soirée. Il se retourna et hocha la tête.

    « Merci à vous, monsieur W. Vous avez contribué à l'arrestation d'un de nos pires ennemis. Vous savez combien il est important pour nous de préserver l'équilibre précaire de notre langue. De lui dépend notre audience, et puisque nos téléspectateurs meurent déjà par dizaines chaque jour... »

    Son interlocuteur lui serra la main.

    « C'est toujours un plaisir, monsieur Romejko. »


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  • Dimanche 20 octobre 2012,

     

    Comme vous allez certainement le découvrir dans de prochains articles (pour peu que vous les lisiez), l'anglais n'est pas ma langue forte. Heureusement pour le monde entier (sauf peut-être les anglophiles), j'ai bien d'autres qualités et, comme la nature m'a bien faite, en quantité absolument honteuse. Outre mon physique et mon ouverture d'esprit extraordinaire, j'ai l'avantage, non moindre, d'être un super-héros. Wunderman.

    La panique vous envahie, un singe mutant vous attaque, me voilà ! Wunderman à votre rescousse 8D (ce petit smiley représente la fort grande modestie qui s'empare de moi à l'idée de vous sauver). Pour le moment, j'ai dû arrêter deux ou trois infâmes personnages qui jetaient leur mégôt par terre. C'est assez peu mais comme me répète toujours mon père, même les super-héros peuvent avoir des débuts difficiles.

    Car oui, j'ai un père. Et une mère (et même une soeur, ce qui est assez pénible, vous l'avouerez sans peine). Je sais bien que je suis mal parti, que les super-héros doivent avoir une enfance compliquée suite à la mort de leurs parents adoptifs et aux maltraitances de leur belle-mère ou de leurs camarades de classe, mais je n'y peux rien. J'ai déjà demandé à mon père si ça le dérangerait de mourir pour m'assurer un avenir glorieux, il a dit oui ; je vais donc devoir trouver une autre solution pour avoir un passé tragique. D'un autre côté, cette tumultueuse enfance est aussi celle des princesses, donc je crois pouvoir m'estimer assez heureux de ne pas en être devenu une.

    En attendant, j'apprends le passionnant rôle de super. Sauver les chats dans les arbres, les métros dont la rame s'écroule, les demoiselles en détresse... Tout ce qui est improbable en pratique, je m'en instruis en théorie (au cas où). Enfin, il ne faut pas croire que je sois seulement un étudiant assidu (la science vient à moi avec la facilité du papillon à la fleur), je suis aussi un athlète émérite : un jour, j'ai réussi à faire dix pompes (c'était hier et j'ai encore des courbatures aux bras, mais il faut souffrir pour être beau).

    A ce propos, je m'appelle Vincent. Mais je garde le reste secret pour préserver mon identité secrète.

    Quand j'ai été prêt à devenir super-héros, j'ai un peu hésité entre les forces du bien et du mal. Evidemment, un super-héros, c'est cool. Mais le super-méchant a aussi un attrait singulier du fait de son originalité. J'ai longuement réfléchi. J'ai même demandé sur Yahoo Answer, mais seul un kikoo m'a répondu que "le maaaal c'est trop bi1111 !!!! lool" avant qu'un modérateur ne supprime mon topic (traître, je te retiens, toi). Finalement, je suis tombé sur un fabuleux article de la Désencyclopédie qui m'a montré le triste sort qui m'attendait si jamais je suivais la voie du mal. Du coup, j'ai choisi celle du bien (on peut avoir des filles en plus !).

    Ensuite, j'ai dû me déterminer un pseudonyme (et une pseudo hymne) pour préserver mon identité secrète (terme assez mal choisi puisque je suis plus connu en tant qu'être humain de type classique qu'en tant que super-héros). Diverses possibilités se sont offertes à moi :

    - un nom en rapport avec mes pouvoirs (comme Spiderman) ;

    - un nom en rapport avec ma situation géographique (comme Captain America) ;

    - un nom en rapport avec mon costume (comme Batman) ;

    - un nom en rapport avec mon potentiel (comme Superman) ;

    - un nom sans aucun rapport avec quoi que ce soit mais qui fait classe (comme Hulk).

    Autant dire que les choix sont assez limités. Alors j'ai éliminé la première solution (parce que je n'ai pas encore trouvé mes pouvoirs, mais ça viendra, ça viendra !), la deuxième (L'Incroyable Vosgien n'est pas spécialement flatteur), la troisième (Captain Troué ne l'est pas plus) et la cinquième (parce que mon imagination s'arrête au niveau de mon gros orteil en commençant par le bout de l'ongle). Ne restait que la quatrième, en rapport avec mon potentiel... Bien. Mon potentiel, donc. Comme tout super-héros un tant soit peu crédible, j'étais obligé de prendre un pseudonyme étranger (car, toujours, L'Homme Fabuleux, ça craint, et Mr Fantastique est déjà pris). Malheureusement, j'avais vraiment la flemme d'ouvrir un dictionnaire anglais-français, obligatoire étant donné mon pitoyable niveau dans la langue de nos voisins anglosaxons. Alors j'ai choisi l'allemand. Et me voici donc... Wunderman !! (Pour les petits malins qui vont dire : "Ah mais non, on dit « Der wundere Mann », gnia gnia gnia", qu'ils aillent mourir dans un bocal à cornichons.)

    Bref, voilà comment je suis devenu un super-héros. Ou comment j'ai entamé une carrière prometteuse (pas selon ma conseillière d'orientation je présume, mais ces gens ont toujours le chic de casser les rêves des jeunes personnes ambitieuses) que je voudrais vous faire partager.

    Ne me reste plus qu'à trouver mes pouvoirs, quoi.

     

    That's end.

    Wunderman, pour vous servir (de préférence si vous êtes une jeune et jolie demoiselle).


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